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Le Centre de détection de Cinq-Mars-la-Pile, en Indre-et-Loire, porte le nom du lieutenant-colonel Mailloux. Ainsi qu'une rue de Saint-Cyr-sur-Loire où il demeurait et de Brest où il est né. La promotion de l'École de l'air 1938-1939 a choisi Louis Mailloux pour parrain.

 

 

 

(1) Le second groupe de la 31e escadre était composé des escadrilles C 56 et Br 226.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(2) Louis Mailloux avait huit enfants.

Il avait épousé Marie Pot,

une Brestoise, en 1919.

 

 

 

 

 

 

 

(3)  Le Bernard 191 GR n° 2 Oiseau Canari de Lotti, Assolant et Lefebvre traversa, lui, l’Atlantique dans l’autre sens à la même époque

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

(4)  Camille Jousse mérite un livre. Mécanicien de l’escadrille MF 25 pendant la guerre avec les frères Coupet, beau-frère de Lucien Coupet, il accompagna longtemps celui-ci. Dans le raid du Farman Goliath de Bossoutrot vers Dakar en 1919, à Cuba pour les Lignes Farman. On le retrouve sur l’Arc-en-Ciel 3 avec Mermoz. Résistant, il est mort  exécuté par un SS faute de pouvoir marcher lors de l’évacuation du camp de concentration de Buchenwald.

(5) Sans Jousse remplacé par Collenot mais avec un journaliste Bringuier qui tira un roman de ce voyage : La Défaite du matin, éditions Gallimard.

(6) Les hangars de la 51e escadre – qui existent toujours – faisaient face à ceux de la 31e :  la 51e au nord, la 31e au sud.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Un grand merci un Vincent Lemaire pour les photos sur l'accident des deux Bloch 210.

Vincent Lemaire recherche des membres de la famille d'aviateurs de la 31e escadre.

Nous contacter. Nous ferons suivre.

parçay-meslay le 22 avril 1939

Neuf tués dans la collision

de deux Bloch 210 de la 51e escadre

C'est l'accident aérien le plus grave qui s'est déroulé en Touraine. Le 22 avril 1939, le lieutenant-colonel Mailloux, commandant la 51e escadre, rentrait de manœuvres avec trois autres Bloch 210. Au moment de la dislocation du groupe, deux des avions se percutaient. Ainsi disparaissaient neuf aviateurs dont le compagnon de Jean Mermoz sur l'Arc-en-ciel.

En août 1936, la 31e escadre de Tours connaissait un des ses mois les plus noirs. Cinq morts. Le 3, à Saint-Raphaël, l’adjudant Desjardins était éjecté de son avion. Son parachute n’était pas un ange gardien. Sa tête heurta l’avion. Le 6, à Gaël, près de Rennes, quatre aviateurs de la 31e escadre trouvaient la mort dans la chute de leur bimoteur, un Potez 540.

Au lendemain de ces deux drames, arrivait à Tours, à cette même 31e escadre, un commandant dont le nom était célèbre dans le monde de l’aviation. Le commandant Louis Mailloux venait de Reims, du Centre d’expériences aériennes, pour prendre le commandement du 2e groupe (1).

Le  Bloch 210 du lieutenant-colonel Mailloux.

(Photo Rodolphe Vignault /collection Vincent Lemaire)

Du canon à l’aviation

Louis Mailloux dont le père officier d’artillerie de marine, était décédé alors qu’il n’avait que dix-huit mois, était destiné à devenir prêtre. Mais aux canons de la foi, le futur aviateur préféra ceux de l’artillerie. Le jeune Brestois s’engagea au début de la Grande Guerre. Mais l’aviation l’attirait. D’artilleur il devint donc observateur, au sein de l’escadrille F 55. Au moment de l’Armistice, le lieutenant Mailloux avait été blessé deux fois, était titulaire de neuf citations. Et il avait 21 ans.

Après la guerre, il prit le chemin du 37e régiment d’aviation, au Maroc, où il devint pilote en avril 1921. De retour en Métropole, au 21e régiment d’aviation, il se lança dans les raids – on parlait alors de voyages. Après avoir été élève de l’École de grande navigation en 1927, chez lui à Brest, il devint professeur la même année, en intégrant l’École des officiers d’aviation de Versailles où il fut chargé du cours de navigation aérienne.

Louis Mailloux aurait pu connaître une carrière classique. Père de famille (2), il aurait pu choisir la sécurité. Mais son rêve était de traverser l’Atlantique. Il demanda donc son détachement. La demande fut acceptée. Certains lui reprochèrent de sacrifier sa famille à cette passion.

Sur les avions Bernard

Quatre noms sont attachés à la carrière de pilote de records de Louis Mailloux : Bernard, Paillard, Mermoz et Couzinet.

Avec les avions Bernard, Louis Mailloux échappa de peu à la mort. Notamment sur le Bernard 191 GR n°1, baptisé France, avec Louis Coudouret et Louis de Mailly-Nesle. Le 25 août 1928, lors d’un essai, ils ne parvinrent pas à s’élever assez pour passer au-dessus des lignes électriques. Ils passèrent sous la première et coupèrent la seconde. Il ne resta plus qu’à vidanger l’avion et à se poser… En juin 1929, le France emmena Louis Mailloux et Louis Coudouret jusqu’à Séville, où ils espéraient prendre le départ vers l’Amérique, les raids aériens étant interdit par le ministère en France (3). Coudouret et Mailloux comptaient partir à la fin du mois. Mais Louis Mailloux fut rappelé séance tenante en France, permission supprimée, sans doute pour empêcher ce raid. Il rejoignit l’École militaire d’application de l’aéronautique. Louis Coudouret et le France ne rentrèrent jamais de Séville. Ils s’écrasèrent en Charente, à Saint-Amant-de-Bonnieure, le 9 juillet 1929. Louis Coudouret mourut après plusieurs heures d’agonie, ses deux passagers espagnols se sortant indemnes de l’accident.

Louis Mailloux forma tandem avec Antoine Paillard, le pilote d’essais de la société Bernard. Toujours pour chasser les records. Le 18 décembre 1929, Paillard et Mailloux décollèrent avec le Bernard 191 GR n°3. Nouvel accident. Louis Mailloux fut blessé à la tête.

Toujours chez Bernard, mais cette fois avec Jean Mermoz, Louis Mailloux participa aux essais du 81 GR Antoine-Paillard, baptisé ainsi après le décès du pilote angevin le 15 juin 1931, à la suite d’une péritonite. C’est sur cet avion, que Louis Mailloux fit équipe avec Jean Mermoz. Mais ils furent victimes d’un accident le 29 décembre 1931, à Oran (Algérie), lors d’une tentative de record de monde de distance en circuit fermé. L’avion changea de propriétaire. Et Louis Mailloux changea d’avion.

Arc-en-ciel sur l’Atlantique Sud

C’est alors qu’un nouveau constructeur entra en jeu : René Couzinet et son Arc-en-Ciel 3.  Louis Mailloux, désigné navigateur de l’Arc-en-ciel 3 joua un rôle essentiel dans l’arrivée de Jean Mermoz comme pilote. Pour cet avion destiné à l’Atlantique Sud, Couzinet ne voulait pas d’un pilote pouvant faire de l’ombreà son avio . Louis Mailloux arracha à René Couzinet la décision de prendre Jean Mermoz comme pilote. Le 12 janvier 1933, Mermoz, Carretier, Mailloux, Manuel, Jousse (4), Mariault et Couzinet partirent d’Istres pour l’Amérique du Sud. L’Arc-en-Ciel fit escale à Port-Etienne et Saint-Louis. Le 21 janvier, il se posa à Rio, au Brésil. Pari gagné. Louis Mailloux et ses compagnon rentrèrent au Bourget le 21 mai, après des escales à Dakar et Casablanca (5). Ce raid marqua la fin de la carrière de pilote de records de Louis Mailloux.

Retour à la case « armée de l’air ». Après son passage à Reims, Louis Mailloux arriva donc à Tours en 1936. Il fut nommé, en octobre, commandant du 2e groupe (C 56 et Br 226). C’est à Tours que Mailloux et Mermoz se retrouvèrent une dernière fois. Le 19 novembre de cette même année, Jean Mermoz donna une conférence au Majestic (à l’invitation du PSF). Quelques jours plus tard, le 7 décembre, il disparaissait, avec ses compagnons, à bord de la Coix-du-Sud.

Après la 31e escadre, le commandant Louis Mailloux passa à l’unité située en face, la 51e escadre (6). La prise d’armes en l’honneur du commandant de Castet La Boulbène, muté à Bizerte, se déroula le 14 novembre 1938, cérémonie au cours de laquelle le colonel Jury, commandant la 9e brigade aérienne, présenta le commandant Mailloux à l’escadre. Le 3 mars 1939, nouvelle cérémonie, pour la cravate de commandeur de la Légion d’honneur du lieutenant-colonel Mailloux.

Depuis quelques mois, le spectre de la guerre et la tension qui régnaient en Europe avaient modifié la vie à Parçay-Meslay. Jusqu’à la façon de voler. Louis Mailloux entraînait ses équipages au vol de groupe, et au bombardement à  basse altitude.

Pas de survivants

22 avril 1939. Il est 11 heures. Les sirènes du camp viennent de signaler la fin du travail pour les civils. Quatre Bloch 210 rentrent d’une mission au profit de la DAT (Défense aérienne du territoire) d’Angers. Ils sont en formation, en losange. Le lieutenant-colonel Mailloux est aux commandes du Bloch de tête. Et c'est après avoir donné le signal de la dislocation que le Bloch de tête et celui du sergent Bredela, le dernier du dispositif, se sont percutés. Sans qu'on puisse en déterminer la cause.

Baptiste Besnard, un cultivateur, est dans son champ. « Je passais le rouleau lorsque j’ai vu pointer, au-dessus des hangars, là, vers le sud, un groupe de quatre avions qui ne volaient qu’à une faible hauteur, peut-être deux cents mètres, raconta-t-il dans la Dépêche. J’avais arrêté mon cheval pour les regarder. A un moment, deux avions se sont écartés, l’un à droite, l’autre à gauche et presque aussitôt je n’ai pu que pousser un cri : les deux autres appareils s’étaient accrochés. »

« L’un est tombé presque à pic, a explosé et a pris feu, tandis que le second qui le suivait, rebondissait en l’air et allait tomber sur une aile à deux cents mètres de là. J’ai espéré que ceux-là, au moins, allaient se sauver, mais aussitôt j’ai vu le second appareil prendre feu tandis que les deux explosions semblaient se confondre. » L’armée de l’air vécut, ce jour-là, un jour noir. En quelques heures, trois accidents eurent lieu, causant la mort de dix-neuf aviateurs.

Le Bloch 210 pilote par le sergent Bredela avec l'insigne de la Sal 4 sur la dérive.

(Collection Vincent Lemaire / origine : Adam)

Les secours, arrivés rapidement, ne furent d’aucune utilité. Les sauveteurs ne purent qu’extraire neuf corps carbonisés. Débuta alors un incessant défilé : parmi les premiers venus leur rendre hommage, le jour même, figurent le général Pastier commandant la 3e RA ; le général Canonne, commandant la 6e division, le colonel Jury commandant la 9e brigade, le commandant Enslen de la 31e escadre, le colonel Fauvel du BIA 109. Mais aussi hommes politiques et élus : Vernet, préfet d’Indre-et-Loire ; René Besnard, sénateur ; les députés, Courson et Bernier. Plus tard, ce fut au tour du général Vuillemin, chef d’état-major de l’armée de l’air.

Les neuf aviateurs eurent droit à des obsèques solennelles en la cathédrale Saint-Gatien. En présence du ministre de l’Air, devant une assistance constellée d’étoiles. Peyronnet de Torrès conclut ainsi la nécrologie publiée dans un journal parisien, reprise le jour des funérailles par le colonel Jury : « Mon Dieu que nous sommes petits à côté d’un pareil exemple… Et d’une âme qui ne s’éteindra jamais. »

Didier Lecoq 

> Aéroplane de Touraine 2008

Les neuf victimes

Dans le Bloch 210 de l’état-major :

Lieutenant-colonel Louis Mailloux : brevet n°19.003, le 27 avril 1921, lorsqu’il est au 37e régiment d’aviation, au Maroc.

Lieutenant Henry de Rilly d’Oysonville : né à Paris en 1912, observateur. Engagé en 1935. 750 heures de vol. Inhumé à Chavaignes (Maine-et-Loire).

Adjudant Gonin : radio, 1.000 heures de vol. Originaire de Saône-et-Loire. Engagé en 1927, au 37e régiment d’aviation, au Maroc. Le seul inhumé à Tours.

Sergent Robert Callède : mécanicien. Né en 1913 à Hendaye.

Dans le Bloch 210 du GB II/51 (Sal 4)

Sergent Paul Bredela : originaire de l’Aube. Boursier à l’école de Bourges où il est breveté le 11 juillet 1935 (n°24.493). Affecté la même année à la 51e escadre.700 heures de vol.

Adjudant-chef Gaston François : mitrailleur, chef de bord. 1.300 heures de vol. Originaire de Meurthe-et-Moselle. Engagé à 18 ans, en 1928, à Dijon. Il dirigeait l’équipe de football de la base.

Adjudant Lagarce : né à Montbéliard (Doubs). Venu à l’aviation en 1931, à 24 ans. Chef de hangar, il demanda à participer au vol.

Sergent-chef Girard : radio. Engagé en 1932 à Dijon.

Caporal-chef Génébault : incorporé en octobre 1937 à Tours. Né au Havre.

Sergent Robert Callède : mécanicien. Né en 1913 à Hendaye. 300 heures de vol.

A lire

Le fascicule écrit par son fils, Louis Mailloux, qui se trouve au Service historique de la Défense - section Air, au château de Vincennes.

Les débuts de l’aviation en Charentes et Poitou de Camille Lépouchard et Yvette Renaud (Centre départemental de documentation pédagogique de Charente)

René Couzinet d’Emmanuel Caloyanni (Geste Editions)

Sur Camille Jousse : http://www.stampae.org/Telecharger/jousse.pdf

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